L'activité physique adaptée, concrètement
C'est un droit depuis 2016, et beaucoup de gens l'ignorent : un médecin peut prescrire de l'activité physique comme il prescrit un médicament, encadrée par des professionnels formés à ta situation.
Ce que c'est
L'activité physique adaptée — l'APA — n'est pas du sport allégé. C'est une pratique conçue et encadrée pour une situation de santé précise, par quelqu'un dont c'est le métier : un enseignant en APA, titulaire d'une licence STAPS mention APA-Santé, ou selon les cas un kinésithérapeute, un ergothérapeute ou un psychomotricien.
La différence avec un coach sportif n'est pas une question de niveau mais de formation clinique : un enseignant APA sait ce qu'une chimiothérapie fait à la tolérance à l'effort, ce qu'une prothèse de hanche interdit les premiers mois, comment doser chez quelqu'un sous bêtabloquant.
Qui peut en bénéficier
La prescription vise les personnes atteintes d'une affection de longue durée, d'une maladie chronique, ou présentant des facteurs de risque ou une perte d'autonomie. Cela couvre beaucoup plus de monde qu'on ne le croit : diabète de type 2, cancer en cours ou en suites de traitement, maladies cardiovasculaires, respiratoires, rhumatismales, obésité, et le vieillissement avec perte d'autonomie.
Comment l'obtenir
- En parler à ton médecin traitant. C'est lui qui prescrit, sur un formulaire dédié, en précisant les limitations à respecter.
- Trouver une structure. Les Maisons Sport-Santé, déployées partout en France, orientent gratuitement. Ta mairie, ton centre communal d'action sociale ou l'antenne locale de la SFP-APA ont aussi les contacts.
- Faire un bilan initial. L'enseignant évalue tes capacités avant de proposer quoi que ce soit — c'est ce qui distingue l'APA d'un abonnement en salle.
Ce qui n'est pas encore réglé : le remboursement
La prescription est un droit, sa prise en charge ne l'est pas par l'Assurance Maladie. Selon les endroits, le coût est couvert par la commune, le département, la caisse d'assurance maladie locale, une mutuelle ou une association — et parfois pas du tout. C'est la principale raison pour laquelle ce droit reste peu utilisé, et il vaut mieux poser la question du financement dès le premier rendez-vous.
Pourquoi cette application t'y envoie
Pour 13 des situations qu'elle reconnaît, cette application ne propose aucun programme. Elle écarte ce qui est le plus à risque, propose ce qu'elle a de plus prudent, et te dit d'aller voir quelqu'un. Ce n'est pas une précaution juridique : programmer une hernie discale ou un plancher pelvien fragilisé sans examiner personne serait malhonnête, et le dosage relève de quelqu'un qui te voit.
- Problème cardiaquecoronaropathie, insuffisance, trouble du rythme, stent
- Maladie neurologiquesclérose en plaques, Parkinson, suites d'AVC
- Maladie respiratoireBPCO, asthme sévère
- Cancer, ou suites de traitementen cours ou récent
- Grossesse ou post-partumen cours, ou accouchement il y a moins de six mois
- Opération récentemoins de trois mois, quelle qu'elle soit
- Sciatique ou cruralgiedouleur qui descend dans la fesse et la jambe
- Hernie discalevue à l'imagerie, avec ou sans douleur qui descend
- Scoliosecourbure de la colonne, appareillée ou non
- Diastasis des grands droitsles abdominaux se sont écartés, souvent après une grossesse
- Plancher pelvien fragiliséfuites urinaires, sensation de pesanteur, descente d'organe
- Endométriosedouleurs pelviennes, avec des périodes plus difficiles que d'autres
- Prothèse de hanche ou de genouposée il y a plus de trois mois
Où vérifier
Les sources officielles font autorité et cette page ne les remplace pas : ameli.fr pour la prescription et son cadre, le site du ministère chargé des Sports pour les Maisons Sport-Santé, et la Société Française des Professionnels en APA pour trouver un enseignant.